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dimanche 13 mars 2022

Du 4 juillet 1980 au 4 juillet 1983

 Du 4 juillet 1980 au 4 juillet 1983

 

Pupille de l'état, lorsque l'on atteint son vingt et unième anniversaire (la majorité de cette époque), nous sommes lâchés dans la nature sans aucun moyen de subsistance ni aucun mode d'emploi de ce qu'est la vie hors foyer ou orphelinat. Personne ne nous prévient ni ne nous prépare à ce largage. C'est pourquoi, beaucoup tourne mal, font ce qu'on appelle des "conneries" uniquement pour survivre et sont très vite mis en prison car la police de l'époque ne leur laissait aucune chance. Nous étions considérés d'office comme de mauvaise personnes du simple fait que nous étions orphelins.

Pour ma part, j'ai eu la chance d'avoir pu rester chez les Depré jusqu'à mon vingt quatrième anniversaire.

 La raison c'est qu'après mon service militaire, j'ai directement obtenu un emploi qui m'a permis de gagner  22.000 francs belges par mois. Par intérêt financier, les Depré m' ont prélevé 2/3 de mon salaire. J'ai ouvert un carnet d'épargne pour y placer le 1/3 restant afin d'avoir des économies pour m'acheter une maison.

Lorsque l'on est pupille de l'état belge, on a pas le droit de faire un emprunt parce que personne ne se porte aval pour nous et puisque nous n'avons par ce fait aucune garantie à proposer aux organismes financiers, nous devons toujours tout payer "cash".

De plus, les orphelins ayant atteint l'âge de la majorité sont endettés vis-à-vis de l'état belge pour rembourser les frais occasionnés par notre éducation, notre hébergement, nourriture, habillement, etc.

Dès mes 21 ans j'ai du payer tous les mois 6.000 francs belges (indexés) et vers mes 40 ans en 1999, les dernières mensualités étaient de 14.000 francs belges.

Tout ça pour signaler à qui l'ignore, qu'être orphelin en Belgique c'est la pire des injustices.

Les 3 premières années, se sont les Depré qui s'en sont chargés avec une partie de mon salaire mais par la suite, j'ai du remplir ma charge seul avec la difficulté de trouver un logement pas trop cher mais assez confortable et surtout ne jamais perdre son emploi pour toujours pouvoir faire face à toutes les factures. Un vie de galère depuis déjà trop longtemps.

Dès avril 1980, je travaillais rue Maurice Xhonneux à 1070 Bruxelles à L' Étoile (entreprise de nettoyage) pour laquelle je réparais et entretenait les aspirateurs. Après la journée, je suivais divers cours du soir dont ceux de l'académie de musique d'Anderlecht rue de la Procession. J'y ai pris des cours de solfège, de contre basse, de clarinette, d'art dramatique, de diction et de déclamation. C'est là que j'ai rencontré le chanteur Christian Vidal et aussi celle qui est devenue la maman de nos 3 enfants.

En 1981, j'ai été engagé par le théâtre du Méridien 33 rue Odon à 1070 Bruxelles en tant que régisseur et homme à tout faire. C'était l'époque de ma deuxième année de déclamation, de diction, de solfège, etc. C'est grâce à mes nombreuses compétence que le directeur en accord avec l'ensemble du conseil d'administration pour 24.000 Frb par mois. Un salaire plus attractif et beaucoup moins néfaste pour ma santé que chez le précédent employeur. Évidement, le 2/3 du nouveau montant du salaire ont été prélevé par le foyer qui m'hébergeait.

Lorsque le théâtre du Méridien a fait faillite, le couple de costumiers m'a trouvé un emploi chez Nilfisk (une entrepris danoise qui fabriquait des aspirateurs bon-marché), chaussée de Mons un peu plus loin que Coca Cola (une usine qui fabrique des boissons chimiques).  

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